|

Monaco, le 22 décembre
2011
Chères Marraines,
Chers Parrains,
Depuis l’année dernière,
un nouveau gouvernement est en place au
Liban, même s’il est affaibli
par son manque de cohésion et critiqué
pour ses difficultés à résoudre
tant les problèmes internes qu’externes
du pays. Quant à la situation économique,
elle continue à se dégrader,
ce qui se traduit immanquablement par
une diminution du niveau de vie des libanais.
Le contexte régional est plus que
jamais marqué par les incertitudes
en Irak, en Israël et en Syrie et,
comme le dit si bien l’écrivain
K. Pancol « Le Liban est une immense
boîte à lettres où
chaque pays voisin fait passer un message
en posant des bombes, en assassinant,
en écharpant... Ce ne sont pas
les Libanais qui font la guerre, ce sont
les pays autour qui se font la guerre
via le Liban ». Des centaines de
réfugiés chrétiens
d’Irak continuent à affluer
chaque jour à Beyrouth, les réfugiés
syriens arrivent par le nord du pays,
sans oublier les 400.000 réfugiés
palestiniens qui, pour certains, vivent
au Liban depuis plus de 60 ans.
| |
Quartier de
Roueisset (Nord de Beyrouth) |
J’ai été
marquée, encore bien plus que l’année
dernière par les gestes quotidiens
de « restriction » de nos
interlocuteurs, des maîtresses d’école,
des familles, de nos responsables de projet,
qui ne quittent jamais une pièce
sans éteindre la lumière,
écrivent avec précaution
sur les deux faces d’une feuille
de papier et n’utilisent pas de
chauffage malgré des températures
très basses. Dans la plaine de
la Bekaa, où il neigeait, une seule
pièce était chauffée
grâce au poêle qui trône
en maître dans la cuisine, qui sert
à la fois de chambre, de salle
de bain et de séjour. Depuis le
contrôle des frontières avec
la Syrie, il n’est plus possible
d’acheter le mazout syrien au marché
noir et le combustible libanais coûte
près du double du prix (1US$ le
litre au lieu de 60 centimes). Certains
parrains le constateront également,
leur filleul a changé d’école
car les parents ont déménagé
ou les enfants ont été placés
dans des écoles officielles, gratuites,
afin d’économiser pour les
besoins de première nécessité.
Subvenir tous les mois aux frais de logement
(minimum 300USD par mois), de nourriture
et à l’éducation des
enfants reste la préoccupation
essentielle des familles. Rares sont celles
où les deux parents travaillent,
notamment parce que le métier du
père (souvent militaire, chauffeur
ou agent de sécurité) implique
de nombreux déplacements ou des
horaires difficiles. Le salaire mensuel
d’un soldat varie de 450 à
600 euros et celui d’un chauffeur
de taxi de 350 à 750 euros. Par
ailleurs, une nouvelle génération
de femmes, celles qui ont pu terminer
leur scolarité et passer leur Bac,
arrivent à travailler (garde d’enfants,
vendeuse ou employée dans des usines),
ce qui aide grandement les familles.
|
Centre
de soutien scolaire de Roueisset
(240 enfants accueillis) |
Comme chaque année,
nous avons rencontré vos filleuls
et ce sont aujourd’hui 216 enfants
qui, grâce à vous, sont soutenus
dans leurs études : à Adonis,
Saint-Joseph, Saint Vincent de Paul ou
via les centres de soutien scolaire de
Roueisset (Beyrouth) et de Deir El Ahmar
(plaine de la Bekaa) ou encore via les
structures d’accueil du dispensaire
(Roueisset) ou du Bon Pasteur à
Séhailé.
Chaque établissement
offre aux enfants, en fonction de leurs
besoins, des cours de rattrapages scolaires,
un soutien psychologique et social, une
aide médicale mais aussi des sorties
récréatives ou des animations
les week-ends. Les enfants arrivent à
l’école à 7h30 du
matin et finissent vers 14h. Ils mangent
à la maison et ensuite commencent
la révision des cours et les devoirs
pendant trois heures, chez eux ou au centre
de soutien scolaire. Au Liban, l’école
n’est pas obligatoire au-delà
de 12 ans et nombre d’enfants, s’ils
ne sont pas encadrés, suivis dans
leurs études, motivés et
encouragés, « décrochent
» scolairement.
Votre contribution est
essentielle pour permettre à ces
enfants de bâtir un avenir et toute
l’équipe de Mission Enfance
ainsi que les responsables des différents
centres se joignent à moi pour
vous remercier chaleureusement de votre
soutien tout au long de cette année
2011, soutien sans lequel ces projets
ne seraient possibles car ils reposent
entièrement sur le parrainage.
Malgré ces difficultés,
le Liban, c’est aussi des gens d’une
extrême gentillesse, généreux,
dévoués, qui croquent la
vie à pleine dents, ne sachant
pas de quoi demain sera fait.
 |
 |
|
Centre
du Bon Pasteur à Sehailé,
où 48 jeunes filles sont
accueillies pour des questions de
protection.
|
|
 |
 |
| Centre Scolaire
de Deir Al Ahmar dans la plaine de
la Bekaa : les enfants sont accueillis
tous les jours de 15 à 18h,
aidés dans leurs devoirs et
soutenus dans les matières
avec lesquelles ils ont des difficultés.
|
Je suis à votre disposition
si vous souhaitez d’autres informations.
N’hésitez pas à m’appeler
(+377 92 05 32 03).
En vous remerciant de
votre fidèle et précieux
soutien, je vous prie de recevoir, Chère
Marraine, Cher parrain, l’assurance
de toute notre reconnaissance.
Anne Danziger
Responsable parrainage
|